Nos films favoris

Nous avons demandé à nos équipes de choisir le film tourné dans leur langue qu'ils ont préféré. Et les nominés sont...

France

Le Péril Jeune (1994)

Réalisé par Cédric Klapisch
L’histoire se déroule à Paris en 1968. Un groupe d'adolescents tente de passer le Bac, tandis qu’à l’extérieur une révolution étudiante sans précédent fait rage. Ce film, à la fois profond et varié dans les thèmes abordés, traite d’un tournant important de l’histoire de France, outre les thèmes fondamentaux que sont l’amitié, la drogue, le sexe et le rock'n’roll. Le style badin et enjoué de Klapisch fait du film un divertissement très réussi dans lequel l’optimisme tient une grande place, ce qui est plutôt rare dans le cinéma français.

Espagne

Muerte de un ciclista (1955) (Mort d’un cycliste)

Réalisé par Juan Antonio Bardem
Mort d’un cycliste débute comme un drame banal. Une voiture roule à vive allure sur une route déserte balayée par le vent et renverse un cycliste. Après avoir vérifié si la victime était toujours vivante, le couple repart en trombe, laissant le pauvre homme sur la route. On apprend par la suite que Juan, le passager de la voiture, est professeur à l’université et que la conductrice est la femme d'un riche homme d'affaires. Craignant que l’accident ne révèle au monde leur liaison adultérine, ils décident de laisser mourir le cycliste. Cet événement conduit notre protagoniste, ancien combattant de la Phalange espagnole, à faire le point sur sa vie, sur les compromis qu’il a faits et les idéaux qu’il a sacrifiés. Juan est à la fois l’incarnation type et l’exception d’une classe sociale et de toute une génération. Il est en net décalage avec ses étudiants. Ceux-ci, comme les étudiants madrilènes des années 50, manifestent et dénoncent ce qu’ils perçoivent comme des injustices du système. En alternant les scènes de l'univers étudiant et celles du monde bourgeois auquel appartiennent les deux amants, Bardem élargit le champ de son histoire et explore la dimension politico-sociale des actions des protagonistes. Alors, même si la fin du film reste ambigüe (à cause de la censure selon certains), le point de vue de Bardem est on ne peut plus clair. Mort d’un cycliste est une parabole sur l’égoïsme des classes dirigeantes, une réflexion sur l’impact du passé de l’Espagne sur son présent et l’expression du fervent espoir de Bardem pour un futur différent.

Russie

Vozvrashcheniye (2003) (Le retour)

Réalisé par Andrei Zyyagintseva
Un père revient dans une maison isolée après une mystérieuse absence. Ses deux fils se souviennent à peine de lui et sa femme l’accueille avec plus de froideur que de joie, ni même de soulagement. Il emmène alors ses garçons en excursion, officiellement pour pêcher. Mais en réalité, il poursuit sa propre quête, que l'on suppose liée à des événements antérieurs à son départ. L’histoire nous montre comment il tente de reconstruire le lien avec ses deux fils au cours de ce voyage. Chacun réagit très différemment : l’aîné l’accepte, mais le plus jeune est suspicieux et se rebelle contre son père, contre ses tentatives pour créer des liens et contre la discipline qu’il veut leur imposer. Les paysages russes, magnifiquement filmés, se succèdent et le film s'achève sur un dénouement extrêmement fort, bien que relativement prévisible. L’origine des événements qui nous sont montrés reste vague et le réalisateur nous laisse tirer notre propre conclusion quant aux raisons de l’absence du père.

Le film exprime avec brio la dualité des sentiments des enfants à l’égard de leur père, et le jeu des acteurs, en particulier celui du plus jeune des fils, est tout bonnement splendide. La tension s'installe entre les deux fils dès le début du voyage. Au final, une question taraude le spectateur : pourquoi le père est-il parti et pourquoi agit-il comme il le fait à son retour ?