Les vins du Domaine Henry, une invitation au voyage…
Quand on arrive au domaine Henry, à Saint-Georges d'Orques, près de Montpellier, c'est un peu comme si on entrait dans l'Histoire des vins du Languedoc.
Des recherches menées en collaboration avec l'INRA de Montpellier ont révélé que le cru de Saint-Georges d'Orques produisait des vins de renommée depuis le Moyen Âge. Au XVIIIe siècle, leur notoriété, aussi importante alors que celle des vins de Bourgogne, s'étendait jusqu’en Russie et aux Pays Scandinaves. Le phylloxéra en a ensuite marqué le déclin.
La famille Henry, c'est d'abord une famille de vignerons de père en fils depuis plus de 12 générations. Ensuite, c'est une famille.
Quand vous allez visiter la propriété, toute la famille est là. Le père, héritier du domaine, la mère, qui veille à sa bonne gestion, et les deux fils, le premier qui travaille au domaine et qui, en ce matin de janvier, est en train de peaufiner ses assemblages au soleil avec maman.
Et puis, il y a le deuxième fils, deuxième fierté des parents, qui est chef de rang dans un grand restaurant de Tokyo et de retour au pays pour quelques mois. Bien sûr, il vient vous saluer aussi…
Quand on demande à M. Henry ce qui le motive et sur quels principes son travail repose, c'est la passion et l'envie d'en savoir toujours plus qui transpirent dans ses premiers mots : "Tout mon travail a toujours été mû par le désir de savoir faire quelque chose que je ne savais pas. En fait, c'est le vin lui-même qui m'a donné envie de faire du vin, et plus précisément un Château Latour 1974, goûté à la fin des années 1980. Car, au début, je vendais le vin familial sans trop connaître le vin. Et puis, les questions des clients aidant, je me suis documenté et ai acheté du vin, beaucoup de vin, pour connaître, savoir, savoir répondre aux questions. C'est ainsi que ma passion est née. […] Je crois que la spécificité de mes vins est une manière de marquer mon domaine, un moyen d'exprimer ma personnalité dans le travail de vinification accompli dans la pénombre de la cave. Il ne s'agit pas d'une construction consciente mais d'une envie de me faire plaisir en travaillant, et de faire plaisir aux autres lorsqu'ils boiront le vin. Je fais du vin pour procurer du plaisir et, pour moi, la pire des sanctions est l'indifférence. Certes, je conçois tout à fait que les gens n'aiment pas mon vin, même si cela ne m'est pas agréable. Mes vins ont une personnalité marquée. Ils ne peuvent donc pas plaire à tout le monde. Cela je le conçois. Et je ressens l'indifférence comme une sanction. ."
Puis vient le moment tant attendu de la visite de la "cave". Ici, pas de "chichis", pas de cave traditionnelle souterraine. Un hangar, des cuves en PVC spécialement ramenées d'Italie après moult essais et contrôles des échanges entre les cuves et le précieux nectar.
M. Henry tend un verre à dégustation à chacun, l'œil pétillant et tellement impatient de parler de ses vins, de ses autres enfants. Commence alors une visite dans le temps, sorte de ballade initiatique dans l'Histoire du terroir local de Saint-Georges d'Orques. Visite qui commence par la dégustation du vin blanc de la propriété, se poursuit par celle du rosé puis des différents rouges pour finir en apothéose avec le Passerille.
Nous parlerons ici des trois vins qui, selon nous, sont les plus marquants du domaine, en laissant M. Henry nous narrer l'incroyable histoire du Mailhol.
Le ROSE SAINT-GEORGES D'ORQUES
Avant de déguster celui-ci, vous n'aviez jamais bu de rosé ! Oubliés les vins pales et sans saveur, tous semblables et insipides…
Il s'agit ici d'un rosé de saignée, c'est-à-dire d'un vin uniquement issu de la pression des grains récoltés les uns sur les autres dans la cuve. Il est fort à parier qu'une dégustation à l'aveugle le ferait classer parmi les vins rouges, tant son goût et sa longueur sont amples et profonds. Et que dire du nez !!? Une explosion de parfums, où chacun identifie des arômes différents, qui de la rose, qui du cassis ou des fruits rouges.
Le VIN ROUGE LE MAILHOL
La philosophie et le projet à l'origine de ce vin sont sans conteste fascinants et passionnants. Une incitation au voyage… dans le temps.
Autrefois, en Languedoc, on appelait "Mailhol", la "vigne jeune", le "plantier".
Le "Mailhol" du domaine Henry est la reconstitution du vin de St Georges d’Orques au XVIIIe siècle avec les cépages de l'époque. Quelle gageure !
Laissons donc à M. Henry la primeur de nous parler de cet incroyable défi au temps.
"Comme je vous l'ai dit, j'ai toujours été passionné par l'Histoire en général, et par celle du terroir de Saint-Georges en particulier. J'aime me documenter sur l'Histoire car je pense que, sans ses racines, on n'est pas grand-chose. Tout ce que je fais vient de mon vécu, de ce que mon grand-père m'a appris. Lorsque j'ai décidé d'acheter un autre domaine, au cours de mes premières recherches entreprises au début des années 1990, Saint-Georges s'est rapidement imposé comme l'un des terroirs évidents du Languedoc car il est le seul à être systématiquement cité dans toute la littérature ancienne. Aussi, pour approfondir et par curiosité personnelle, j'ai lu d'autres ouvrages pour savoir ce qu'il avait d'exceptionnel. Mes recherches m'ont conduit aux archives régionales puis à la bibliothèque de l'ENSAM (Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie de Montpellier), où j'ai découvert que le 1er recensement moderne du vignoble français faisait apparaître Saint-Georges au même niveau que Pomerol et Saint-Emilion. Ma première surprise a été de découvrir la marque à feu, aujourd'hui présente sur nos bouteilles et bouchons, qui certifie l'origine du vin. La deuxième, géniale, de constater qu'aucun cépage actuel ne faisait partie de ceux utilisés à l'époque (œillades, etc.). Il fallait se lancer dans l'aventure qui, je dois le dire, sans l'aide, le soutien et la patience de Laurence, ma femme, n'aurait sans doute jamais abouti. Car il fallait qu'elle ait envie de me suivre dans cette idée iconoclaste. […]
J'ai alors contacté M. Boursiquot, sommité mondiale en matière d'ampélographie et directeur du Bureau des Recherches Génétiques pour la vigne à l'Inra de Montpellier qui, très enthousiaste, m'a tout de suite suivi dans cette démarche un peu folle. En mai 1997, à partir de 3 ou 4 souches de chaque cépage, nous avons commencé l'encépagement de la parcelle, étape qui a duré 2 ans, avec des plantations entre 1998 et 2000. Nous avons respecté la plantation en foule d'autrefois, récoltons tout le raisin sans faire d'assemblage ensuite, adoptons le même type de vinification… La seule concession faite au protocole d'exploitation a été l'organisation de la foule, puisque nous avons la même variété sur plusieurs rangées. L'expérience aidant, nous maîtrisons désormais mieux le processus, et notamment le mûrissement beaucoup plus tardif du raisin, ce qui n'a pas empêché quelques échecs au cours des années, et l'absence pure et simple de millésime, comme en 2006."
De cette démarche hors du commun est né un vin à la robe d’un grenat profond et dont le nez étonne par sa palette d'arômes. Léger et atypique, ce cru saura définitivement séduire les palets avides d'expériences inédites.
Le VIN ROUGE PASSERILLE
Quand on assiste à un feu d'artifice exceptionnel, on se demande toujours ce qui attend le spectateur au moment du bouquet final. Quand on déguste les différents vins du domaine Henry à la propriété, c'est un peu pareil. On se dit que la saturation des papilles gustatives aidant, on ne va pas pouvoir être encore surpris par le dernier vin de la propriété. Quelle erreur ! Cette fois, le feu d'artifice a lieu en bouche, et le bouquet final est celui d'un vin "extra-ordinaire", au sens premier du terme.
Selon les dires mêmes du propriétaire des lieux, il s'agit du "premier vin rouge moelleux français non muté". Elaboré à la manière d’un Sauternes, il se caractérise en outre par des rendements absolument incroyables, inconcevables, de l’ordre d’un unique verre par souche !
En fait, il est pratiquement impossible de décrire et d'exprimer ce que l'on ressent au premier contact avec ce vin. Sa couleur est d'un rouge tellement profond qu'il confine au noir. Ce vin ne se boit pas, il se vit, telle une émotion.
Pour en savoir plus et découvrir les autres crus du domaine Henry, allez à l'adresse http://www.domaine-henry.com/default.htm.
Vin italien : Negramaro en 3/81
Lu mejiu amicu è lu cantinieri
Me llea de capu tutti i pinzieri2
Lorsque la nuit tombe sur le sud-est de l'Italie, le doux parfum de la résine de pin se répand à travers les rues et les places des centres-villes. Jeunes et moins jeunes flânent avec insouciance, qui simplement pour profiter de la soirée, qui pour rejoindre un groupe et discuter. Les soucis de la journée se dissipent et les amis se retrouvent autour d'un verre ou deux. Occupé à servir un cru d’un noir profond à ses clients sous les voûtes en pierre de l’un des nombreux bars à vins locaux, Lu Pieru tombe à point nommé pour débuter la soirée sur une note enivrante. Lu Pieru est mon meilleur ami !
Cu menzu quinto me sentu già mbrillu,
cu menzu litru su nu cardillu.
Corsés, ils peuvent l'être… Les vins du sud de l’Italie peuvent être vraiment très forts en alcool. Il y a quelques années, au moment des vendanges, on voyait le raisin récolté prendre la route vers le Nord. Il était alors vendu pour couper d’autres vins et pour donner du corps aux fameux Chianti, Barolo, Bordeaux et bien d'autres encore. Je pense que cela arrive encore aujourd'hui, mais dans une moindre mesure.
Dans la région du Messapian, le taux d'alcool du Primitivo peut atteindre les 16 %. En Sicile, celui d’un Nero d’Avola peut être de 17 %, voire 18 %. Dans la région de Salento, le taux d'alcool d’un Negramaro dépasse rarement les 12 % ou 14 %. Un verre ou disons un demi-litre de trop suffit à vous faire chanter comme un pinson.3
Quanti bicchieri de mieru me biu
Tanti pinzieri de capu me lleu.
Verre à eau, flûte à champagne, verre à Bourgogne ou à Bordeaux, coupe, verre à pied parisien, verre à Chianti et verre ISO
Les années soixante-dix ont marqué l'avènement du bar à vins. C’était alors un lieu réputé auprès des habitants qui s’y retrouvaient pour boire un verre, rencontrer des amis, manger des boulettes de viande préparées dans une sauce tomate fraîche ou des moscardinis4 marinés dans de l’huile d’olive et dois-je le préciser, boire les breuvages locaux servis dans des carafes en faïence. A cette époque, les verres à vin étaient petits et simples. L’on trouvait parfois de solides verres à eau à facettes qui tâchaient définitivement les tables en bois. Mais ils tenaient toujours dans la paume de la main. Lorsque votre mezzo litro vous avait été servi, vous pouviez encore facilement le tenir d’une main ferme. Depuis, les verres à vin ont évolué pour nous permettre de profiter pleinement de la dégustation. Ils permettent désormais de l'oxygéner, de le faire tourner dans le verre, d'en apprécier le nez et d'en admirer la robe. Les tables sont maintenant plus petites et les verres sont parfois trop grands et fragiles. Les vieux crus ont besoin d'une certaine mise en scène : on les sert dans un verre et dans une carafe à décanter de plus grande taille. Nous sommes tous des connaisseurs ! Essayez donc de faire tourner le vin dans votre verre lorsque vous entamez gaiement votre second mezzo litro.
Mieru pe' tie me vinnu la camisa,
no' mme ne curu ca vau nudu a casa.
On le surnomme l'Appia dei vini. L’Appia est une ancienne voie qui reliait Rome à Brindisi. Elle est bordée de nombreux vignobles qui colorent son paysage. A l’approche de Salento, le panorama se pare d’un sombre rouge mat, et les vignobles côtoient les oliveraies.
Parmi les cépages locaux figurent notamment le Sussumaniello , le Primitivo, le Negramaro, la Malvoisie blanche et noire. Le Sangiovese, le Chardonnay et le Sauvignon ont été introduits plus récemment.
Autrefois, les vins de cette région étaient très renommés et ils étaient exportés très loin de leur terre. Selon la légende, Hérode le Grand buvait du vin produit à Salento.
Se la fatica se chiama cucuzza,
Mamma ce puzza, mamma ce puzza.
Se la fatica se chiama cicora,
picca me 'ndora, picca me 'ndora.
On dit que la paresse légendaire des habitants de Salento est en grande partie liée à leur breuvage local. « Qu'est-ce que ça peut me faire ? » est une expression locale très typique, répétée de manière quasiment obsessionnelle.
On trouve dans les comptes de voyages du XIXe siècle des observations sur des paysages enchanteurs, des églises baroques, des mers aux eaux cristallines et fascinantes, mais ils évoquent également cette population d’une étonnante oisiveté. Il n’est donc pas surprenant que les dialectes du sud de l’Italie possèdent leur propre terme pour décrire les premières heures de l'après-midi : "controra", durant laquelle on retient le temps… Pendant le déjeuner, avant que ne frappent la "controra", sa chaleur et sa lumière aveuglante, il était autrefois possible de boire du vin en introduisant des feuilles de céleri ou de fenouil dans des bouteilles de vin rouge. On sirotait alors le vin à travers les feuilles. Cette technique est connue sous le nom de "sparacina" : ce breuvage assurait à ceux qui le buvaient une bonne sieste à l'ombre d'un olivier, bercés par le chant des cigales.
Sai ce m'ha dittu na vecchia masciara,
lu focu de la paja picca dura.
L’on sortait ensuite dans la brise nocturne, le torse nu et l’air insouciant, habité par le sentiment d’appartenir à la nuit. Lu Pieru, toujours à notre recherche, versait un peu plus de son vin noir dans d'énormes verres à pied. Il y a quelque chose de profondément païen dans ces nuits de Juillet. Chaque village a ses propres festivals, chaque festival sa propre musique. Pieds nus, une jeune femme élancée fait virevolter sa jupe blanche au rythme de sa danse frénétique. Elle tient dans sa main un mouchoir en dentelle. Le vertige me prend tandis que le rythme de la pizzica5 s’accélère. La jeune femme laisse alors tomber le mouchoir tandis qu'une vieille sorcière ne cesse de marmonner « la piqûre, l’araignée ». Je fus celui qui ramassa le mouchoir et le tendit à la danseuse. Puis nous dansâmes comme des clochedingues et je traînai derrière elle6.
Se quanno moriu ieu vau 'n Paradisu,
Se non c'è mieru bonu non ci trasu.
Il n'est pas rare de trouver des vestiges de la civilisation grecque à Salento. A 10 ou 15 km au sud de Lecce s'étend une vaste région connue sous le nom de Grèce salentine, où l’on parle encore une langue dérivée du grec appelée "Grico".
Calimera, Copertino, Castrignano, Martano, Melpignano, Sternatia et Zollino font partie des communes locales, mais on compte bien d’autres villages dans cette enclave linguistique à part. En grico, on désigne le vin sous le terme "krasì".
Ce pìnnamo rìssopu 'e mmas chorèane a gònata. Quai tòssonna, dopu ìmaston gomai krasì, pìamo n'o kuturìsome mpi stin aglisia, sto mmereo atti pporteddha, ka 'ci io' ppleo skotinò. (Nous bûmes tant et plus que nos jambes se mirent à danser puis, gorgés d’alcool, nous sommes allés nous soulager derrière l’église, près de la porte latérale, là où il fait sombre.)7 Le Negramaro est la synthèse des cultures latine et grecque qui se sont rejointes à Salento. La première partie du mot, "negra" vient du latin "niger" (noir). "Maro" trouve son origine dans le mot "μαúρο", qui signifie "noir" en grec ancien. Maintenant, vous avez compris, "negramaro" signifie plus noir que noir !
Mieru mieru mieru la là
Senza lu mieru, senza lu mieru.
Mieru mieru mieru la là
Senza lu mieru no pozzu campà.
Mieru mieru mieru la là
Quanti culuri,quanti culuri.
Mieru mieru mieru la là
Quanti culuri me faci cangià.
Torse nu sous les étoiles, Lu Pieru regarde mes lèvres noircies par le vin. Avons-nous dansé jusqu'aux portes du Paradis ?8Oui, je l'ai vue jeter ce mouchoir avant de se sentir revigorée, épuisée mais revenue à la vie. La vieille sorcière ne cessait de répéter d'une voix monocorde : - « Il n'est nul feu que la paille puisse entretenir. » L’araignée s'est disloquée dans une convulsion finale. Ha ! Regarde tes joues, leur couleur changent tellement vite ! Par ici ! D'autres feuilles pour cette bouteille. Par ici ! Vers la porte de l’église, sur le côté. Lu Pieru, maintenant assieds-toi. Où as-tu trouvé ce vin si rond et si mature ? Son goût est unique, tu verras : un moonstone. Lu Pieru, mon meilleur ami ! Qu'est-ce qui s'est échoué sur les côtes de Salento ?9 C’est là que tout a commencé. Non, pas des araignées venant de Mars, allons ! Mais qu'est-ce que ça peut bien faire, ce soir ? Demain peut-être ?
Remarques
1 Il n’y a pas si longtemps, j’ai acheté une bouteille d'un litre de Negramaro. Elle m’a coûté 4 ou 5 euros. C’était un Torreguaceto "Pietraluna" 2005, I.G.T. Negramaro del Salento. Il était vraiment excellent et inoubliable. J’ai appris par la suite que ce vin avait été primé en 2007 dans un livre consacrant les meilleurs vins italiens. Pour voir la fiche-produit, cliquez ici.
Pour consulter le site du producteur et en savoir plus, cliquez ici.
Vous pouvez probablement passer commande directement auprès du producteur. Il est aussi possible de l’acheter sur e-bay - cliquez ici.
Nous n'avons pas vérifié la fiabilité de ces sites et, partant, les commandes que vous êtes susceptibles de passer seront à vos risques et périls.
2Cet air est souvent chanté pour accompagner les soirées bien arrosées durant les fêtes et festivals locaux. Une vidéo amateur est disponible suryoutube. Elle montre une scène plutôt banale. Je ne connais cependant ni les acteurs ni les auteurs de la vidéo.
3Pour écouter le chant d’un pinson, cliquez ici.
4Les moscardinis sont des petits poulpes.
5Danse traditionnelle de Salento, proche de la danse de la tarentelle et associée au mythe d'Arachné. La Pizzica était dansée pour soigner les piqûres d’araignée.
6« Mais alors ils s'en allaient, dansant dans la rue comme des clochedingues. J'ai couru derrière eux comme je l'ai fait toute ma vie derrière les gens qui m'intéressent car les seules gens qui comptent pour moi sont les fous, ceux qui ont la démence de vivre, la démence de parler, la démence d’être sauvés, de vouloir jouir de tout à la fois, ceux qui jamais ne bâillent ni ne parlent pour ne rien dire, mais au contraire brûlent encore et encore tels les fabuleux feux jaunes des chandelles romaines explosant comme des araignées à travers les étoiles et, au milieu, l’on peut voir scintiller la lueur bleue du pétard central et chacun fait "Aaaah" !»
Jack Kerouac, Sur la route
7www.greciasalentina.org/L_Html/vino.htm
8 Située à la périphérie de Brindisi, Paradiso est très proche voire sur les terres du Negramaro.
9 Virgil prétend qu'Énée aurait abordé les terres d'Italie dans la petite baie de Porto Badisco, au sud d’Otranto.